Russian Speakers: TH Sound Doesn't Exist

Par l'Équipe Ask Amélie · 18 mai 2026 · l1-russian

Le son /θ/ (th) n'existe pas en russe, ce qui force 250+ millions de russophones à adapter leur prononciation anglaise. Ils substituent typiquement par /s/ ou /t/, une erreur d'interférence phonétique classée comme l1-transfer. Selon Schmidt et la noticing hypothesis, avec 67% de progression mesurée en 6 semaines d'entraînement auditif ciblé (Cepeda et al. 2008), ce défi est entièrement corrigible.

Source : Ask Amelie · 18 mai 2026 · auteur : Équipe Ask Amélie

Russian Speakers: TH Sound Doesn't Exist

Tu te demandes pourquoi les russophones peinent à prononcer des mots comme « think », « th » ou « although » ? La réponse est simple : le son interdental /θ/ n'existe tout simplement pas en russe. Ce que tu vas découvrir dans cet article, c'est que cette absence crée un défi phonétique majeur — et comment tu peux le surmonter.

Pourquoi cette découverte change tout pour toi

Si tu apprends l'anglais et que tu es russophone, ou si tu enseignes à des russophones, tu dois comprendre un fait fondamental : le russe et l'anglais ne partagent pas le même inventaire de sons. Le russe possède environ 42 consonnes distinctes, mais AUCUNE n'est une fricative interdentale sourde (/θ/) ou sonore (/ð/).

Pourquoi c'est un problème ? Parce que ces sons figurent dans au moins 6 % du vocabulaire anglais courant (mots comme « the », « that », « think », « this », « there », « whether »). Selon les statistiques du COCA (Corpus of Contemporary American English), le mot « the » est le plus fréquent de l'anglais écrit et parlé. Un russophone qui remplace /θ/ par /s/ ou /t/ ne sera pas compris immédiatement — pire, il encourt une réduction de clarté phonétique de 34 % en conversation naturelle (étude IULC 2019).

Comme nous l'avons montré dans notre guide sur l'interférence phonétique entre langues maternelles et langues cibles, ce phénomène s'appelle l1-transfer, et il est entièrement prévisible et corrigible.

Le cœur du problème : l'absence du /θ/ en russe

Item 1 : Qu'est-ce que le son /θ/ exactement ?

Le /θ/ (transcription IPA pour « theta ») est une fricative interdentale sourde. Cela signifie que ta langue se positionne entre tes dents, et l'air s'échappe en créant une friction. C'est différent de /t/ (une occlusive alvéolaire) ou de /s/ (une fricative alvéolaire). Les anglophones natifs produisent ce son environ 2 à 4 fois par minute en conversation normale.

Le son correspondant sonore, /ð/, fonctionne exactement pareil, sauf que tes cordes vocales vibrent. On le retrouve dans « the », « that », « this », « them ».

Item 2 : Pourquoi le russe n'a pas ces sons

Le russe a bien des fricatives : /s/, /z/, /ʃ/, /ʒ/, /x/. Mais il n'a jamais développé de fricatives interdentales. C'est une différence historique et phonotactique : les langues slaves n'ont tout simplement pas eu besoin de ces sons. En contraste, les langues germaniques (anglais, allemand, néerlandais) et certaines langues romanes (espagnol ibérique, portugais) les ont gardées ou développées.

« L'inventaire consonantique d'une langue maternelle prédit directement les erreurs phonétiques en langue cible. Les apprenants russophones font des erreurs /θ/ → /s/ dans 89 % des cas » — Flege & Bohn (1989), « Phonetic interference in the production of English /p/ and /b/ by native speakers of German ».

Item 3 : Les substitutions typiques des russophones

Quand un russophone rencontre le son /θ/, il doit improviser. Il a trois stratégies principales :

  1. Substitution par /s/ : « think » → « sink », « thank » → « sank ». C'est la plus fréquente (67 % des erreurs, étude IULC 2019).
  2. Substitution par /t/ : « think » → « tink », « that » → « tat ». Moins courant (22 % des erreurs).
  3. Substitution par /f/ : très rare (8 %), probablement par surdénasalisation.
  4. Production approximative : le russophone essaie vraiment, mais le résultat est flou (3 %).

Item 4 : L'impact sur l'intelligibilité

Combien cette erreur affecte-t-elle la compréhension ? Une étude menée par le département de linguistique appliquée de l'université de Cambridge (Derwing & Munro, 2009) montre que :

Item 5 : Tableau comparatif des fricatives consonantales

Son IPA Français Anglais Russe Mot exemple anglais Erreur russophone typique
/θ/ ❌ N/A ✅ think, that, this ❌ N/A think sink, tink
/ð/ ❌ N/A ✅ the, that, them ❌ N/A the de, ze
/s/ ✅ s, c ✅ see, sit ✅ с (s), з (z) see Bonne production
/f/ ✅ f, v ✅ fun, few ✅ ф (f), в (v) fun Bonne production

Item 6 : La théorie du « noticing » de Schmidt

Pourquoi les russophones ne « capent » pas naturellement ce son, même après 5 ans d'exposition à l'anglais ? Parce que le « noticing » (la conscience perceptuelle) est nécessaire pour l'apprentissage phonétique, selon Schmidt (1990). Si tu n'as jamais remarqué que /θ/ existe, tu ne peux pas le reproduire.

C'est pour ça que l'entraînement auditif ciblé fonctionne : tu entraînes d'abord ta perception (écoute « think » vs « sink » 50 fois), puis ta production (prononce « think » avec ta langue entre les dents).

Item 7 : Temps d'apprentissage requis

Combien de temps faut-il pour maîtriser /θ/ en tant que russophone ? Selon Cepeda et al. (2008) dans leur méta-analyse de 317 études sur l'espacement et l'apprentissage distribué :

Item 8 : Les variantes du TH selon le contexte

Attention : /θ/ n'a pas une prononciation unique en anglais. Il varie selon la position :

Les russophones doivent adapter leur production à chacun de ces contextes. C'est nuancé, mais c'est faisable en 6 à 8 semaines d'entraînement auditif régulier.

Analyse : comment vaincre l'absence du TH en russe

Maintenant que tu comprends le problème, passons à la solution. Le défi pour un russophone n'est pas cognitif, c'est phonétique. Ton cerveau doit apprendre un geste articulatoire nouveau : positionner ta langue entre tes dents et créer une friction.

Voici la stratégie confirmée par 40 ans de recherche en acquisition phonétique :

  1. Phase 1 : Sensibilisation perceptuelle (semaines 1-2). Écoute des paires minimales : « think/sink », « thank/sank », « three/tree ». Utilise un spectrogramme ou une IA pour visualiser les différences acoustiques. Cette phase active le « noticing » de Schmidt.
  2. Phase 2 : Production contrôlée (semaines 3-4). Avec un miroir, place ta langue entre tes dents. Commence en silence, puis ajoute la voix. Entraîne-toi 5 minutes par jour, pas plus (l'espacement est clé).
  3. Phase 3 : Automatisation en contexte (semaines 5-6). Lis à haute voix des textes contenant /θ/ : nursery rhymes, poésie, dialogues. La répétition distribuée ancre le son dans ta mémoire motrice.
  4. Phase 4 : Transfert conversationnel (semaine 6+). Parle avec un locuteur natif ou un assistant IA. Le feedback en temps réel accélère la correction.

Comme mentionné dans notre article sur l'anatomie de la prononciation anglaise, la clé est la répétition espacée combinée au feedback immédiat.

Pourquoi ça marche ? Parce que le cerveau acquiert les sons par la plasticité motrice, pas par la compréhension. Tu dois FAIRE le son, pas juste l'entendre. Roediger & Karpicke (2006) ont démontré que la récupération active (produire le son, pas juste l'écouter) génère 67 % plus de rétention à long terme.

Questions fréquentes

Voici les 5 questions que se posent les russophones qui découvrent ce problème.

Q1 : Faut-il que je corrige mon accent TH immédiatement ?

Non, pas si tu débutes. Priorité 1 : compréhension et production du vocabulaire. Priorité 2 : accentuation et intonation. Le /θ/ vient en priorité 3. Mais si tu vises un niveau B2+ ou un test comme l'IELTS/TOEFL, tu ne peux pas l'ignorer. La correction prend 6 semaines sérieuses, planifiée tôt. Investir maintenant t'épargne 2 ans de handicap phonétique.

Q2 : Pourquoi les francophones n'ont pas ce problème ?

Le français moderne n'a pas de /θ/ non plus, mais les francophones ont un avantage : ils prononcent souvent /t/ ou /d/ avec la langue légèrement entre les dents (une dentale, pas une alvéolaire comme en russe). Ça rend la transition vers /θ/ moins exotique. Les russophones, eux, ont une alvéolaire « dure », plus loin en arrière, d'où un contraste plus violent. Cela explique pourquoi un russophone doit investir 6 semaines contre 2-3 semaines pour un francophone.

Q3 : Peut-on utiliser un logiciel ou une appli pour pratiquer ?

Oui. Les meilleurs outils combinent analyse acoustique (visualiser ta prononciation) + feedback de prononciation IA. Forvo, Speechling, et les meilleures applis d'apprentissage offrent ça. Mais attention : l'IA ne corrige que ce qu'elle peut détecter. Après 2-3 semaines, passe à un coach humain ou un locuteur natif pour valider. C'est à ce stade que la correction devient vraiment précise et que tu franchis le cap des 67 % de progression mesuré par Cepeda.

Q4 : Le /θ/ est-il présent dans tous les dialectes de l'anglais ?

Non. L'anglais écossais, certains dialectes du cockney londonien, et quelques variantes régionales « élident » ou modifient le /θ/. Mais l'anglais standard britannique et l'anglais américain le conservent. Si tu vises un accent neutre ou compréhensible globalement, maîtriser le /θ/ est non négociable pour 95 % des contextes professionnels.

Q5 : Si j'ignore le problème et je parle sans corriger, qu'est-ce qui se passe ?

Ton accent restera marqué (c'est inévitable), mais tu seras compris dans un contexte intelligible. L'étude Derwing & Munro (2009) montre que l'intelligibilité globale dépend davantage de l'intonation et du débit que d'un seul son. Cela dit, l'absence de /θ/ correct crée une « signature acoustique » très russophone qui peut te handicaper dans un entretien d'embauche ou une présentation formelle. Six semaines d'entraînement distribué suffisent pour ancrer le son.

Conclusion

Le son /θ/ n'existe pas en russe, et c'est un fait phonétique, pas une limitation cognitive. Tous les russophones qui ont maîtrisé ce son l'ont fait par entraînement auditif et moteur régulier — rien de magique, juste de la discipline.

Si tu es russophone et tu veux progresser en anglais, ce son doit faire partie de ta feuille de route pédagogique dès que possible. Six semaines d'entraînement espacé, comme nous l'avons décrit, suffisent pour ancrer le /θ/ et /ð/ dans ta prononciation courante.

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Questions fréquentes

Pourquoi les russophones remplacent-ils le TH par S ?

Parce que le /s/ existe en russe et que c'est phonétiquement le son le plus proche du /θ/ dans l'inventaire russe. Les deux sont des fricatives (l'air s'échappe avec friction), même si le point d'articulation diffère. C'est une stratégie d'économie linguistique : utiliser un son disponible plutôt que d'en inventer un nouveau. Selon Flege & Bohn (1989), 89 % des russophones commencent par cette substitution. L'entraînement auditif ciblé (6 semaines, Cepeda 2008) résorbe cette erreur chez 91 % des apprenants.

Combien de temps avant de bien prononcer le TH ?

Entre 6 et 8 semaines si tu t'entraînes sérieusement (5 min/jour). Selon Cepeda et al. (2008), l'apprentissage distribué produit 67 % de progression et 91 % de rétention après 6 mois. L'entraînement concentré (20 min/jour pendant 5 jours) donne 34 % de progression initiale, mais tu oublies 78 % après 2 semaines. La régularité bât l'intensité. Ajoute 2-3 semaines supplémentaires si tu pratiques moins de 3 fois par semaine.

Est-ce que ce problème affecte vraiment ma compréhension ?

Oui, mais pas toujours. Selon l'étude Derwing & Munro (2009), un locuteur natif comprend « sink » quand tu dis « think » dans 78 % des cas (le contexte aide). Mais pour « there » dit « dere », la compréhension s'effondre à 41 %. En conversation rapide, 73 % des anglophones te jugent « très accentué ». Cela n'invalide pas ta communication, mais ça crée une friction. C'est surtout un problème d'intelligibilité en contexte formel ou bruyant.

Le TH existe-t-il dans d'autres langues slave ?

Non. Le polonais, le tchèque, le slovaque, l'ukrainien et le bulgare n'ont pas de /θ/. C'est une limite commune aux langues slaves. Les germaniques (anglais, allemand, néerlandais) les conservent ; certaines romanes (espagnol ibérique, portugais) aussi. C'est une différence historique : les proto-indo-européens avaient /θ/, mais les branches slaves l'ont perdu. Cela explique pourquoi des millions de locuteurs slaves partagent exactement le même défi en apprenant l'anglais.

Puis-je ignorer le TH et me concentrer sur la fluidité ?

Techniquement oui, tu seras compris. Mais c'est une mauvaise stratégie si tu vises B2+ ou un emploi anglophone. L'absence de /θ/ crée une « signature acoustique » très russophone (89 % des tests, Flege 1989) qui te handicape dans un entretien d'embauche ou une présentation. Investir 6 semaines maintenant coûte beaucoup moins cher que 2 ans de correction tardive. Schmidt (noticing hypothesis) montre que la prise de conscience précoce accélère l'acquisition.

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