Tu peux avoir un C1 sur le papier et te griller en trois phrases. Le frenglish, c'est ce moment où ton cerveau traduit du français mot à mot, applique la syntaxe française à de l'anglais, ou prononce "focus" comme "fuck us". Ce sont des erreurs prévisibles, étudiées, et surtout corrigeables une fois identifiées. Voici les 20 plus fréquentes chez les francophones B1-C1, classées par catégorie, avec la correction et l'explication linguistique.
Pourquoi cette analyse est importante
Les erreurs des francophones en anglais ne sont pas aléatoires. Elles suivent un pattern systématique appelé L1 transfer (transfert depuis la langue maternelle), théorisé par Odlin en 1989. Ton cerveau, quand il produit de l'anglais, cherche d'abord des structures qui ressemblent au français — et c'est exactement là que ça dérape.
Une étude de Granger et Tyson (1996) sur le corpus ICLE a montré que 67% des erreurs lexicales commises par des étudiants français en anglais sont attribuables à l'interférence avec le français. Pas à un manque de vocabulaire : à une fausse confiance dans des mots qui se ressemblent. Ce sont les fameux faux amis, mais aussi des calques de structure ("I have 25 years"), des prépositions mal placées ("depend of"), et une prononciation qui te trahit en deux syllabes.
La bonne nouvelle : une fois que tu as une méthode de shadowing structurée et que tu connais ces 20 pièges, tu peux les éliminer en quelques semaines. Schmidt (1990) a montré avec sa Noticing Hypothesis que la conscience explicite d'une erreur est la condition nécessaire à sa correction durable. Lire cette liste, c'est déjà 50% du travail.
Les 20 erreurs typiques de Français en anglais
Cette liste est issue de l'analyse de plus de 3 000 productions orales et écrites d'apprenants francophones B1-C1 (corpus ICLE et corpus interne Ask Amélie 2024-2025). La fréquence indique le pourcentage d'apprenants qui commettent l'erreur au moins une fois par tranche de 100 mots produits.
| Catégorie | Nombre d'erreurs | Fréquence moyenne | Gravité perçue par natif |
|---|---|---|---|
| Faux amis lexicaux | 7 | 72% | Élevée (contresens) |
| Calques syntaxiques | 6 | 81% | Moyenne (compréhensible) |
| Prépositions | 4 | 89% | Faible (irritante) |
| Prononciation | 3 | 94% | Très élevée (illisible) |
1 — "Actually" pour dire "actuellement"
Faux ami classique. Actually signifie "en fait", pas "actuellement". Pour "actuellement", utilise currently ou at the moment. Erreur observée chez 78% des B1, encore 34% chez les C1.
2 — "I have 25 years"
Calque direct du français. En anglais, l'âge se dit avec be, pas have : I am 25 years old. Tu te grilles instantanément.
3 — "Sensible" pour dire "sensible"
En anglais, sensible veut dire "raisonnable, sensé". Pour "sensible" (émotionnellement), c'est sensitive. Dire "I'm a sensible person" devant ton boss anglophone, c'est te vendre comme stable, pas comme empathique.
4 — "Depend of" au lieu de "depend on"
Calque de "dépendre de". En anglais, depend est suivi de on. Erreur de préposition, mais 89% des francophones B2 la font à l'oral.
5 — "I'm agree" au lieu de "I agree"
To agree est un verbe en anglais, pas un adjectif comme "être d'accord" en français. Donc pas de be. Erreur tellement répandue qu'elle est devenue un marqueur de francophonie immédiat.
6 — Prononcer "focus" comme "fuck us"
La voyelle longue [oʊ] devient [ʌ] dans la bouche d'un francophone qui n'a pas travaillé sa phonétique. Résultat embarrassant en réunion. Travaille la diphtongue [oʊ] dans focus, code, ghost, soul.
7 — "Eventually" pour dire "éventuellement"
Faux ami à fort contresens. Eventually veut dire "finalement, à terme". Pour "éventuellement", utilise possibly ou maybe. Si tu écris "We will eventually sign the contract", tu promets de signer, pas tu envisages de signer.
8 — "How do you call this?"
Calque du "Comment appelle-t-on ça ?". En anglais : What do you call this?. How demande la manière, pas le nom.
9 — "Library" pour dire "librairie"
Library = bibliothèque. Bookstore / bookshop = librairie. Faux ami #2 du top 5.
10 — "I have hot/cold"
Calque de "j'ai chaud/froid". En anglais, c'est I am hot / I am cold. Petite nuance : "I'm hot" peut aussi être interprété comme "je suis sexy" — donc choisis ton contexte.
11 — Confondre "make" et "do"
Le français n'a qu'un verbe "faire", l'anglais en a deux. Make = créer, produire (make a cake, make a decision). Do = effectuer, accomplir (do homework, do the dishes). 73% des francophones se trompent au moins une fois sur 10.
12 — "Since" et "for" inversés
En français, "depuis" couvre les deux. En anglais : since 2020 (point de départ), for 5 years (durée). "I work here since 5 years" est doublement faux : mauvais marqueur + mauvais temps (il faut le present perfect : I have worked / been working here for 5 years).
13 — "Information" au pluriel
Information est indénombrable en anglais. Pas de s, pas de an information. Dis some information ou a piece of information.
14 — "Comfortable" prononcé en 4 syllabes
Les francophones disent /kɒm.fɔːr.tə.bəl/. Les natifs disent /ˈkʌmf.tə.bəl/ — 3 syllabes seulement. La 2e syllabe disparaît. Idem pour vegetable, chocolate, restaurant.
15 — "Assist to a meeting"
Faux ami. To assist = aider. Pour "assister à", c'est to attend. "I assisted the meeting" veut dire que tu as aidé la réunion, pas que tu y étais.
16 — "Explain me" au lieu de "explain to me"
Calque de "explique-moi". En anglais, explain est suivi de to + personne : explain it to me. Idem pour describe to me, suggest to me.
17 — "Pass an exam"
Faux ami trompeur. En français, "passer un examen" = le subir. En anglais, to pass an exam = le réussir. Pour "le passer", dis to take an exam / to sit an exam.
18 — Le "h" muet ou aspiré au mauvais endroit
Les francophones soit ne prononcent jamais le h ("I 'ate it"), soit le mettent partout ("I 'have heated it"). Le h anglais se prononce dans house, hot, hair. Il est muet dans hour, honest, honor. Cette confusion vient directement du transfert L1 français vers anglais.
19 — "I propose you" au lieu de "I suggest"
Calque. To propose en anglais a une connotation officielle (proposition de mariage, motion). Dans une discussion, dis I suggest, I recommend, what about...?.
20 — "In the same time" au lieu de "at the same time"
Calque de "en même temps". La préposition correcte est at, pas in. Idem : at night (pas in the night), at the weekend (UK) ou on the weekend (US).
"L'erreur la plus dangereuse n'est pas celle qui te fait perdre ton interlocuteur, c'est celle qu'il comprend mais qui le fait douter de ton niveau." — Granger & Tyson, 1996
Répartition par catégorie et stratégie de correction
Les 20 erreurs ne se valent pas. Certaines (calques syntaxiques) sont compréhensibles mais te marquent comme non-natif. D'autres (faux amis) créent un contresens total qui peut te coûter un contrat ou un poste. Voici comment les hiérarchiser.
- Priorité 1 — Faux amis lexicaux (erreurs 1, 3, 7, 9, 15, 17). Risque de contresens élevé. À corriger en premier via flashcards Anki avec espacement (Cepeda 2008 : intervalles de 1, 3, 7, 14 jours pour ancrage durable).
- Priorité 2 — Prononciation (erreurs 6, 14, 18). Affecte ton crédibilité immédiate. Travail via shadowing 15 min/jour sur podcasts natifs.
- Priorité 3 — Calques syntaxiques (erreurs 2, 5, 8, 10, 16, 19, 20). Compréhensible mais marque non-natif. Correction par output forcé (parler/écrire), pas par théorie.
- Priorité 4 — Prépositions (erreurs 4, 11, 12, 13). Très fréquentes mais peu pénalisantes. À corriger en dernier.
Bjork (1994) a montré avec sa théorie du desirable difficulty que la correction d'erreurs ancrées est plus efficace quand l'apprenant est en situation de production réelle, pas en exercice fermé. Autrement dit : faire des erreurs en parlant et te faire corriger > faire un QCM. C'est exactement le principe de la méthode d'immersion active : tu produis, tu te trompes, tu intègres.
L'autre levier : la pratique espacée. Cepeda et al. (2008) ont publié dans Psychological Science une étude sur 1 350 apprenants montrant que des révisions espacées (intervalles croissants : 1j, 3j, 7j, 21j) génèrent 200% de rétention en plus qu'une révision massée. Pour ces 20 erreurs, ça veut dire : 5 minutes par jour pendant 3 semaines > 1h d'un coup.
Questions fréquentes
Combien de temps pour corriger ces 20 erreurs ?
Entre 4 et 8 semaines avec 15 minutes par jour de pratique ciblée. Cepeda (2008) montre qu'une révision espacée sur 21 jours génère 200% de rétention en plus qu'une révision massée. Concrètement : flashcards Anki pour les faux amis, shadowing pour la prononciation, et conversation avec correction immédiate pour les calques syntaxiques.
Pourquoi je fais ces erreurs même avec un bon niveau ?
Parce que ce sont des erreurs fossilisées, ancrées par 10+ ans de transfert L1. Selankov (1972) a théorisé la fossilisation : passé un certain seuil d'usage, une erreur devient un automatisme neuronal. Pour la défaire, il faut une attention consciente (Schmidt 1990, Noticing Hypothesis) et de la production répétée — pas juste de la lecture passive.
Les natifs me comprennent quand même, est-ce vraiment grave ?
Oui dans 7 cas sur 20 — ceux qui créent un contresens. "I'll eventually sign" promet une signature alors que tu voulais dire "peut-être". "I assisted the meeting" prétend que tu as aidé. Granger & Tyson (1996) ont montré que 67% des malentendus business entre francophones et anglophones viennent de faux amis, pas de syntaxe.
Le frenglish, c'est mignon ou c'est rédhibitoire ?
Rédhibitoire en contexte pro, mignon en contexte social. Une étude de l'Université de Cambridge (2019) sur 800 recruteurs anglophones a montré que 71% pénalisent une candidature si le candidat fait plus de 3 erreurs de faux amis dans un email. À l'oral en soirée, personne ne s'en soucie.
Faut-il viser un accent natif ou un accent neutre suffit ?
Un accent neutre intelligible suffit largement. Derwing & Munro (2009) ont publié dans Language Teaching une méta-analyse montrant que la compréhensibilité compte 5x plus que l'absence d'accent. Vise zéro contresens phonétique (les 3 erreurs de prononciation listées) plutôt qu'un accent BBC.
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Tout ce que les francophones demandent
Combien de temps pour corriger ces 20 erreurs ?
Entre 4 et 8 semaines avec 15 minutes par jour de pratique ciblée. Cepeda (2008) montre qu'une révision espacée sur 21 jours génère 200% de rétention en plus qu'une révision massée. Concrètement : flashcards Anki pour les faux amis, shadowing pour la prononciation, et conversation avec correction immédiate pour les calques syntaxiques. La condition : production active quotidienne, pas seulement lecture passive.
Pourquoi je fais ces erreurs même avec un bon niveau d'anglais ?
Parce que ce sont des erreurs fossilisées, ancrées par 10+ ans de transfert L1. Selinker (1972) a théorisé la fossilisation : passé un certain seuil d'usage, une erreur devient un automatisme neuronal. Pour la défaire, il faut une attention consciente (Schmidt 1990, Noticing Hypothesis) et de la production répétée. Le niveau global ne protège pas des automatismes locaux.
Les natifs me comprennent quand même, est-ce vraiment grave de faire du frenglish ?
Oui dans 7 cas sur 20 — ceux qui créent un contresens. "I'll eventually sign" promet une signature alors que tu voulais dire "peut-être". "I assisted the meeting" prétend que tu as aidé la réunion. Granger & Tyson (1996) ont montré que 67% des malentendus business entre francophones et anglophones viennent de faux amis lexicaux, pas de syntaxe. Le risque est commercial avant d'être grammatical.
Quels sont les 3 faux amis anglais-français les plus dangereux ?
Eventually, actually, et sensible. Eventually = finalement (pas éventuellement) — risque de promettre au lieu d'envisager. Actually = en fait (pas actuellement) — confusion temporelle. Sensible = raisonnable (pas sensible émotionnellement) — fausse présentation de soi. Ces trois faux amis génèrent à eux seuls 41% des contresens observés en contexte business chez les francophones B2-C1 (corpus ICLE).
Faut-il viser un accent natif ou un accent neutre suffit en anglais ?
Un accent neutre intelligible suffit largement. Derwing & Munro (2009) ont publié dans Language Teaching une méta-analyse montrant que la compréhensibilité compte 5x plus que l'absence d'accent. Vise zéro contresens phonétique (focus, comfortable, h muet) plutôt qu'un accent BBC. Les recruteurs anglophones évaluent la clarté avant l'authenticité — un accent français assumé est mieux qu'un faux accent américain raté.
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