Vous venez de raccrocher. Le prospect était poli, l'échange cordial. Mais quelque chose a cloché — une hésitation sur 'indemnification', un 'actually' mal placé, un silence après votre phrase sur les 'conditions'. Le deal ne viendra pas. Et vous ne saurez jamais pourquoi.
Tester Amélie gratuitementCes termes couvrent les sous-domaines systématiquement évoqués lors d'un call découverte en contexte juridique : identification des besoins, périmètre de mission, contraintes réglementaires, calendrier. Chaque terme est accompagné de sa collocation native — la combinaison de mots que l'anglophone produit spontanément.
En call audio ou visio, la prononciation est le premier signal de compétence perçue. Voici les mots où le juriste francophone se trahit systématiquement — l'interlocuteur natif perd confiance avant même la fin de votre phrase.
Recommandation pratique : enregistrez-vous prononcer ces dix termes, puis comparez à une référence audio (Merriam-Webster en ligne). L'écart que vous entendez est l'écart que votre prospect entend.
Ces constructions ne sont pas grammaticalement incorrectes — elles sont pragmatiquement déplacées ou lexicalement fautives. C'est précisément pour cela qu'elles passent sous le radar et font des dégâts durables sur la perception de votre niveau.
Le call de découverte en droit suit un cadre implicite que les anglophones natifs maîtrisent sans y penser. Le juriste francophone qui en ignore la structure perd du temps à rattraper une impression initiale négative.
L'ouverture de call : évitez « So, how can I help you? » — trop généraliste, signale que vous n'avez pas fait vos recherches. Préférez : « I've had a chance to review your brief. I'd like to start by confirming the scope you have in mind — and then I'll have a few questions on the structure you're considering. »
Signaler la complexité sans alarmisme : un juriste sénior ne dit pas « This is very complicated. » Il dit : « There are a few moving parts here that we'll need to sequence carefully. » ou « The interplay between the governing law clause and the dispute resolution mechanism will need close attention. »
Cadrer les suites : terminez toujours le call avec un next steps explicite : « What I'll do is send you a short memo outlining our proposed approach by Thursday. Does that work for you? » — jamais « I'll send you something », qui est vague et peu rassurant.
Gérer l'incompréhension sans perdre la face : ne dites pas « Sorry, I didn't understand. » Dites : « Just to make sure I'm capturing this correctly — could you walk me through that last point again? » C'est la même demande, formulée comme une vérification professionnelle, pas comme un aveu de lacune.
À éviter : I demand that you provide the full contract documentation before our next call.
Comment le natif l'entend : This lawyer is aggressive and possibly difficult to work with. They're treating us like a subordinate.
Préférer : Could you share the full contract documentation ahead of our next call? That would help us prepare properly.
Le verbe 'demand' en anglais porte une charge d'exigence hostile que 'demander' n'a pas en français. Un natif entend une menace implicite là où vous exprimiez une simple requête. En call découverte, cette formulation met fin à la relation de confiance naissante avant même la négociation. La reformulation polie — avec un modal comme 'could' — n'est pas de la faiblesse : c'est le registre attendu entre pairs.
À éviter : We will need a delay of four weeks to complete the due diligence.
Comment le natif l'entend : There's already a problem — they're telling me they're behind schedule before we've even signed anything.
Préférer : We'll need a four-week window to complete due diligence — that's standard for a transaction of this size.
'Delay' signifie un retard subi, une chose qui vous arrive contre votre volonté. Pour exprimer un délai contractuel ou opérationnel convenu, utilisez 'timeframe', 'window', 'period' ou 'deadline'. La confusion est quasi-universelle chez les juristes francophones et crée systématiquement une lecture négative chez l'interlocuteur anglophone.
À éviter : Our client is actually working on three parallel transactions.
Comment le natif l'entend : Wait — is he correcting something I said? Or is he surprised by this himself? I'm not following.
Préférer : Our client is currently managing three parallel transactions, which does affect the timeline.
'Actually' est un marqueur de contraste : il introduit une information qui va à l'encontre de ce qui précède ou de ce que l'interlocuteur pouvait croire. Utiliser 'actually' pour dire 'actuellement' crée une confusion pragmatique immédiate — le natif cherche ce que vous êtes en train de contredire. Options neutres : 'currently', 'at present', 'as things stand'.
À éviter : Based on recent jurisprudence, this indemnification clause would likely be enforceable.
Comment le natif l'entend : Is this person a legal philosopher? Or do they mean case law? I'm not sure they're familiar with common law.
Préférer : Based on recent case law — particularly in the Second Circuit — this indemnification clause would likely hold.
En droit anglo-américain, 'jurisprudence' est une discipline académique (philosophie du droit), pas l'ensemble des décisions de justice. Le terme opérationnel est 'case law' ou, plus précisément, 'precedent' et 'controlling authority'. Utiliser 'jurisprudence' dans ce sens signale immédiatement une formation en droit continental et fragilise votre crédibilité technique face à un prospect de common law.
À éviter : Could you precise what you mean by 'material breach' in this context?
Comment le natif l'entend : He probably meant 'clarify' — but this phrasing makes me doubt his written drafting ability.
Préférer : Could you clarify — or elaborate on — what you mean by 'material breach' in this context?
'Precise' n'existe pas comme verbe en anglais : c'est exclusivement un adjectif. Le calque vient du français 'préciser', courant et neutre. En anglais, 'clarify' couvre la plupart des usages de 'préciser', et 'elaborate on' est préférable quand vous demandez un développement. Cette erreur est particulièrement dommageable car elle touche à la syntaxe, ce qui soulève des doutes sur la qualité de votre rédaction contractuelle.
À éviter : I'll send you a proposition for our engagement by end of week.
Comment le natif l'entend : A proposition? That's an unusual word choice. It's slightly off — not sure if it's a language thing or something else.
Préférer : I'll send you a formal proposal for our engagement by end of week — scope, timeline, and fee structure.
En anglais contemporain, 'proposition' a souvent une connotation soit sexuelle, soit rhétorique (un argument que l'on défend dans un débat). Le mot professionnel et neutre pour une offre de service est 'proposal'. La confusion est totalement invisible pour le francophone mais génère un moment de perplexité chez le natif — ce qui, lors d'un premier call, suffit à dégrader votre positionnement.
À éviter : I inform you that we have reviewed your terms and we accept them.
Comment le natif l'entend : This reads like a government form, not a business conversation. Very stiff — are they always this formal?
Préférer : We've reviewed your terms and we're good with them — happy to move forward.
La tournure 'I inform you that…' calque la formule administrative française 'Je vous informe que…', standard dans les courriers officiels. En anglais des affaires, elle sonne soit bureaucratique, soit ironique. Pour des communications commerciales directes, la fluidité conversationnelle est un signal fort de maturité professionnelle — le registre formel mal calibré produit l'effet inverse de celui recherché.
Non — c'est précisément le piège dans lequel tombent la majorité des juristes francophones. L'anglais des affaires anglo-saxon valorise la clarté et la fluidité conversationnelle, pas la complexité formelle. Un registre trop soutenu peut signaler soit une méfiance, soit une distance culturelle peu propice à la relation client. Le bon niveau est celui d'un échange entre pairs compétents : direct, précis, sans jargon inutile, mais sans familiarité excessive non plus.
'Case law' désigne les décisions de justice qui font jurisprudence — l'équivalent fonctionnel des arrêts de la Cour de cassation. 'Statute' désigne la loi écrite votée par un parlement. En common law, la distinction est fondamentale car 'case law' est une source de droit primaire à part entière. Un juriste francophone qui utilise 'jurisprudence' au lieu de 'case law' révèle sa formation continentale — ce qui n'est pas un défaut, mais doit être assumé consciemment.
La formule à retenir : 'Just to make sure I'm capturing this correctly, could you walk me through that last point again?' Cette construction est perçue comme du professionnalisme, pas comme une lacune linguistique : elle signale que vous prenez l'exactitude au sérieux. À éviter absolument : 'Sorry, I don't understand' — honnête mais fragilisant en contexte commercial, où votre expertise est précisément ce que vous vendez.
Partiellement — avec des risques d'ambiguïté. En droit anglo-saxon, 'conditions' peut désigner des clauses contractuelles générales, des conditions d'un accord ou des conditions suspensives selon le contexte. Le terme précis pour une condition suspensive est 'condition precedent' (CP). Pour une condition résolutoire : 'condition subsequent'. En call découverte, préférez la formulation complète pour éviter toute confusion sur le régime juridique auquel vous vous référez.
Cadrez les honoraires avec un vocabulaire de valeur, pas de coût. Évitez 'our price' — trop transactionnel ; préférez 'our fee structure' ou 'the investment on your side'. Pour introduire le sujet : 'Shall we touch on the commercial side before we wrap up?' — neutre et professionnel. Pour un retainer : 'We typically work on a monthly retainer — I'll include the details in the proposal.' Ne donnez jamais de chiffre oral non documenté lors du premier call.
'Boilerplate' désigne les clauses contractuelles standard utilisées sans modification : force majeure, governing law, notices, entire agreement. Le terme est universel dans les milieux M&A et corporate anglophones — l'utiliser est un signe d'aisance technique. En revanche, avec un prospect moins rompu aux transactions complexes, préférez 'our standard clauses' pour éviter toute perception de désinvolture vis-à-vis des clauses qui encadrent pourtant l'essentiel du risque.
Amélie écoute ton anglais oral, repère les calques du français invisibles à toi-même, et te corrige avec la version native pro. 90 secondes pour le diagnostic.
Lancer le diagnostic gratuit