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Anglais en réunion RH : 9 erreurs qui trahissent ton français

Tu comprends 90% de ce qui se dit en réunion anglophone. Tu prends la parole, tu enchaînes trois phrases, et tu vois ce micro-flottement sur le visage du recruteur américain en face. Pas une incompréhension : un décrochage. La différence entre comprendre l'anglais et le parler vraiment, c'est exactement ce moment-là. Voici les 9 erreurs que font la plupart des RH et talent acquisition francophones en réunion — des erreurs qu'un correcteur automatique ne verra jamais, parce qu'elles sont grammaticalement correctes. Pour chacune : la phrase fautive, ce qu'un natif entend vraiment, et la formulation pro qui passe.

1. "I have 12 years of experience" : le calque qui te vieillit

C'est l'erreur la plus fréquente, et la plus invisible. Tu te présentes en kickoff meeting, tu veux poser ton autorité, tu dis : "I have 12 years of experience in talent acquisition." Grammaticalement parfait. Sauf qu'en anglais professionnel, cette tournure sonne comme un CV lu à voix haute par un débutant.

Un natif RH dit rarement "I have X years of experience". Il dit :

  • "I've been in talent acquisition for 12 years."
  • "I've spent the last 12 years in tech recruitment."
  • "I come from a 12-year background in TA."

Ce que le natif perçoit

Le présent simple ("I have") sur une durée passée jusqu'à aujourd'hui, c'est typiquement français. En anglais, dès qu'une durée touche le présent, on passe au present perfect ("I've been", "I've spent"). Quand tu dis "I have 12 years", tu signales sans le vouloir : cette personne traduit dans sa tête. Et donc : est-ce que je peux lui confier un brief stratégique ?

La formulation pro

Remplace toute phrase qui commence par "I have X years" par "I've been + -ing" ou "I've spent X years + -ing". C'est un seul réflexe à installer, mais il change immédiatement la perception de ton niveau.

2. "We are 40 people in the team" : la phrase qui te fait passer pour un stagiaire

Tu présentes ton équipe à un partenaire externe : "We are 40 people in the team." En français, "Nous sommes 40" est neutre, professionnel, factuel. En anglais, la traduction littérale est catastrophique. Elle existe, elle se comprend, mais elle a un statut très précis : c'est exactement comme ça que parle un enfant.

Ce que le natif perçoit

Dans 80% des cas environ, un manager anglophone dirait :

  • "We're a team of 40."
  • "There are 40 of us in the team."
  • "The team is 40 strong." (plus formel, registre corporate)

La construction "We are X people" déclenche chez le natif le même signal que "j'ai 12 années d'expérience" déclenche chez toi quand un anglophone le dit en français. Ça pique.

Cas concret

En entretien client pour un RPO, dire "We are 40 sourcers" coûte cher en crédibilité. Dis "We're a team of 40 sourcers across three time zones" — même information, posture senior.

3. "I propose you a new process" : le faux ami qui te transforme en marketeur

En français, proposer est neutre, professionnel, élégant. Tu proposes une candidate, tu proposes une réorganisation, tu proposes un slot. En anglais, le verbe "propose" existe — mais il a un usage très restreint. On propose un mariage. On propose une motion dans une assemblée. On ne propose pas un process à un client.

Ce que le natif perçoit

Quand tu dis "I propose you three candidates for next week", le natif entend quelque chose entre "je vous offre solennellement" et "je vous présente officiellement". C'est trop lourd, trop formel, presque pompeux. Ou pire : ça sonne comme un mail commercial mal traduit.

La formulation pro

  • Proposer une candidate → "I'd like to put forward three candidates." / "I've got three people I want to walk you through."
  • Proposer un créneau → "How does Thursday at 3 work for you?"
  • Proposer une approche → "What I'd suggest is…" / "My recommendation would be…"

Retiens : "suggest", "recommend", "put forward", "walk through". Range "propose" au placard pour les réunions ordinaires.

4. "Actually" partout : le mot qui détruit ta crédibilité

"Actually" est le faux ami le plus toxique de tout l'anglais professionnel francophone. En français, actuellement = en ce moment. En anglais, actually = en fait, en réalité, contrairement à ce que tu penses.

Quand un RH français dit en réunion "Actually we are recruiting three profiles", en pensant dire "actuellement nous recrutons", ce que le natif entend c'est : "en fait — contrairement à ce que vous croyez — nous recrutons."

Ce que le natif perçoit

Tu corrige ton interlocuteur. Tu le reprends. Tu signales un désaccord. Sur une réunion d'une heure, si tu places six "actually" en pensant dire "en ce moment", tu passes pour quelqu'un d'agressif et de tatillon — alors que tu pensais être factuel.

La formulation pro

  • "Actuellement" / "en ce moment" → "currently", "right now", "at the moment"
  • "En fait" (clarification douce) → "to be fair", "the thing is"
  • "En réalité" (correction franche) → là, et seulement là, "actually" est juste

Règle simple : si tu peux remplacer par "currently" sans changer le sens, tu voulais dire "currently".

5. "I will send you the brief tomorrow" : le futur qui te fait paraître hésitant

En français, on utilise le futur simple pour les engagements pris pendant la réunion : "je t'envoie le brief demain", "je te confirme avant 18h". En anglais, la traduction réflexe par "will" passe à côté d'une distinction subtile mais énorme : will exprime souvent la décision prise à l'instant, going to exprime l'engagement déjà pris.

Ce que le natif perçoit

Quand tu dis "I will send you the brief tomorrow" après une discussion d'une heure sur ce brief, le natif perçoit un décalage : pourquoi "will" comme si tu venais d'y penser ? Si la décision était claire pour tout le monde, dis :

  • "I'm going to send you the brief tomorrow." (engagement déjà acté)
  • "I'll get the brief over to you by EOD tomorrow." (timing précis)
  • "I'll send you the brief first thing tomorrow."

Cas concret

En clôture de kickoff client, alterne "I'm going to" pour les engagements pris pendant le meeting, et "I'll" pour les décisions que tu prends à l'instant en réponse à une question. C'est imperceptible isolément, mais sur 30 minutes ça change toute ta posture.

6. "Sympa", "intéressant", "correct" : les adjectifs faibles qui te trahissent

Tu sors d'un entretien, le hiring manager te demande "How did it go?". Tu réponds "It was nice, the candidate is interesting, his English is correct." Trois mots, trois problèmes.

Ce que le natif perçoit

  • Nice : c'est le mot qu'un enfant utilise quand il n'a pas de vocabulaire. Un RH senior anglophone dirait "It went really well", "Solid conversation", "Productive call".
  • Interesting : en anglais, dire qu'un candidat est "interesting" est souvent un compliment douteux, qui signale qu'on n'est pas convaincu. Si tu l'aimes vraiment, dis "strong", "impressive", "a good fit", "sharp".
  • Correct (pour un niveau d'anglais) : un calque direct du français. "Her English is correct" sonne comme une évaluation d'institutrice. Dis "Her English is solid", "She's perfectly fluent", "Her English isn't a blocker".

La formulation pro

Construis-toi une banque de 5-6 adjectifs forts que tu pourras placer en réunion : solid, sharp, impressive, strong, a good fit, on point. Quand tu sens venir "nice", "interesting", "correct", "good", arrête-toi une demi-seconde et pioche dans la banque.

7. "How do you call this?" : l'inversion qui te fait perdre 5 points de niveau

Tu cherches un mot. Tu demandes à ton collègue australien : "How do you call this in English?" Tu viens de signaler, en sept mots, que tu n'as jamais vraiment dépassé le niveau intermédiaire. Pas parce que tu cherches un mot — tout le monde cherche des mots. Mais parce que la structure est française : "comment on appelle ça".

Ce que le natif perçoit

En anglais, "how" demande une manière, "what" demande un nom. Pour demander le nom d'une chose, on dit toujours :

  • "What do you call this?"
  • "What's the word for this in English?"
  • "What's this called?"

L'erreur "How do you call" est tellement caractéristique des francophones que sur certaines équipes internationales elle devient une private joke. Tu ne veux pas être la private joke.

Variantes du même piège

  • "How do you say..." en revanche est correct (manière de prononcer/exprimer).
  • "What do you think about this?" et non "How do you think about this?".

8. "I am agree" et autres faux amis grammaticaux

Une catégorie d'erreurs invisibles à l'écrit mais ravageuses à l'oral, parce qu'elles se déclenchent dans le feu d'une réunion :

  • "I am agree" au lieu de "I agree". En français, être d'accord = être + adjectif. En anglais, agree est un verbe.
  • "I am born in 1985" au lieu de "I was born in 1985". Calque du français être né.
  • "Since 3 years" au lieu de "For 3 years". Since = depuis une date (since 2020), for = depuis une durée (for 3 years).
  • "It depends of" au lieu de "It depends on". Cas où la préposition française "de" piège.
  • "Explain me" au lieu de "Explain to me". Le verbe "explain" exige une préposition.

Pourquoi ça pique autant

Ces erreurs ne sont pas dramatiques individuellement. Mais elles ont un point commun : aucun correcteur Grammarly ne les détecte si la phrase autour est correcte. Elles ne s'attrapent qu'en speaking, en situation, sous pression. C'est exactement pour ça que la plupart des cadres francophones les traînent pendant dix ans sans s'en rendre compte.

9. Le "How are you?" auquel tu réponds trop honnêtement

Erreur culturelle plus que linguistique, mais elle se joue en trois secondes au début de chaque réunion. Le client américain te dit "Hi Sophie, how are you doing?". Tu réponds "I'm a bit tired, the week has been intense".

Ce que le natif perçoit

"How are you?" n'est pas une question en anglais professionnel. C'est une formule de salutation, équivalent strict de "ça va ?" en français — sauf que la convention exige une réponse positive et brève. Répondre honnêtement, c'est rater le code social.

La formulation pro

  • "Doing great, thanks — how about you?"
  • "All good on my side, how's your week?"
  • "Pretty good, busy week. You?"

La règle : tu réponds positif, court, et tu renvoies la question. Toujours. Garder la mention "busy week" est acceptable et même apprécié dans les milieux pro anglo-saxons — ça signale que tu bosses. Mais jamais "tired", jamais "not great", jamais une vraie évaluation de ton état.

Le vrai problème : ces erreurs ne sont pas détectables seul

Tu as remarqué le point commun de ces 9 erreurs ? Aucune n'est grammaticalement fausse au sens strict. "I have 12 years of experience" est correct. "We are 40 people" est correct. "I propose you a new process" est correct. Un correcteur automatique laisse tout passer. Un prof d'anglais classique te dirait que tu te débrouilles très bien.

Et pourtant, chacune signale au natif que ton anglais est traduit depuis le français en temps réel. C'est ce que les apprenants appellent rarement par son nom : la trace du français caché derrière l'anglais correct. Cette trace, tu ne peux pas l'entendre toi-même — par définition, tu fais l'erreur précisément parce que tu ne la perçois pas.

Pourquoi les méthodes classiques passent à côté

Une app gamifiée te fait répéter des phrases isolées. Un cours collectif te corrige sur ta grammaire. Aucun des deux ne te dit, après une réunion de 45 minutes, "là tu as dit 'actually' six fois en pensant dire 'currently', ça t'a fait passer pour agressif". C'est exactement ce travail-là — détecter le français caché dans ton anglais correct — qui te débloque quand rien d'autre ne marche.

La différence entre comprendre l'anglais et le parler vraiment, ce n'est pas le vocabulaire. C'est l'absence de calques. Et les calques, par construction, tu ne les vois que de l'extérieur.

Tester ton diagnostic 90 secondes : tu parles 90 secondes en anglais sur un sujet de ton métier, et tu reçois la liste exacte des calques français cachés dans ce que tu viens de dire — ceux que ton oreille ne capte plus. Lancer le diagnostic gratuit.

Questions fréquentes

Est-ce que ces erreurs disparaissent avec le temps si je travaille en anglais tous les jours ?

Non, malheureusement. C'est même le piège principal : un cadre francophone qui parle anglais quotidiennement pendant dix ans peut très bien traîner les mêmes calques ("I propose you", "actually" mal placé, "how do you call this") toute sa carrière. La répétition fossilise l'erreur au lieu de la corriger, parce qu'aucun interlocuteur ne te reprend en réunion pro — ce serait impoli.

Mon entreprise utilise Babbel / Duolingo / Cambly. Est-ce que ça suffit pour corriger ces points ?

Pour le vocabulaire et la grammaire de base, oui. Pour les calques français invisibles que tu fais en réunion, non. Une app gamifiée travaille sur phrases isolées et exercices à trous. Elle ne peut pas détecter que tu dis "We are 40 people" en kickoff client. Ce type d'erreur ne se voit qu'en situation, sur du discours libre, avec un retour ciblé sur l'interférence avec ta langue maternelle.

Comment savoir si je fais ces erreurs sans qu'un natif me le dise en face ?

Le plus simple : enregistre-toi pendant 90 secondes en anglais sur un sujet de ton métier (présenter ton équipe, expliquer un process, débriefer un entretien). Réécoute le lendemain, à froid. Tu repéreras déjà plusieurs "actually" mal placés ou "I propose". Pour les calques plus profonds — temps verbaux, prépositions, structures — il faut un retour externe ciblé sur l'interférence français-anglais.

Est-ce que je risque vraiment de perdre un client ou un candidat à cause de ces erreurs ?

Rarement frontalement. Mais oui, en cumul. Un calque isolé passe inaperçu. Six calques dans une réunion de 30 minutes positionnent ton anglais comme "intermédiaire" dans la tête du décideur, même si ton fond est solide. Sur un deal RPO ou une short-list de cadres, la perception du niveau d'anglais du recruteur pèse — surtout face à un concurrent qui sonne plus natif.

Je suis bilingue de naissance mais je fais quand même certaines de ces erreurs. Pourquoi ?

Parce que la dominance linguistique change selon le contexte. Quelqu'un qui a grandi entre deux langues mais qui a fait toutes ses études et sa carrière en français aura son français comme langue de travail dominante — et donc des calques français en anglais, même avec un excellent accent. La trace du français caché n'est pas une affaire de niveau, c'est une affaire de fréquence d'usage récente.

Faut-il viser un accent natif pour être pris au sérieux en RH international ?

Non, et c'est même contre-productif d'y mettre de l'énergie. La plupart des décideurs anglo-saxons côtoient au quotidien des collègues à l'accent indien, néerlandais, allemand, brésilien. L'accent français ne pose aucun problème de crédibilité, à condition qu'il ne s'accompagne pas de calques structurels. C'est l'inverse exact de l'intuition française classique : on s'obsède sur l'accent, alors que le vrai marqueur de niveau, ce sont les calques.

Combien de temps faut-il pour corriger durablement ces 9 erreurs ?

Ça dépend du niveau d'entrée, mais pour un cadre B2-C1 qui travaille déjà en anglais, on parle de quelques semaines à raison de 15-20 minutes par jour, à condition que le retour soit ciblé sur ses propres calques — pas sur de la grammaire générique. Le facteur clé n'est pas le temps total mais la précision du feedback : il faut que quelqu'un (ou quelque chose) te dise exactement quel mot tu viens de calquer du français.

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