Votre présentation était solide. Vos chiffres, irréfutables. Pourtant, dans la salle de board, un VP américain a levé un sourcil imperceptible à la troisième phrase. Vous n'avez pas su pourquoi. Cette page recense exactement ce qui a provoqué ce sourcil.
Tester Amélie gratuitementCe lexique ne s'improvise pas. Il se construit avant d'entrer dans la salle. Chaque terme est accompagné de son contexte d'usage exact et, le cas échéant, du piège francophone associé.
Un calque, c'est une traduction mot à mot du français vers l'anglais. Il est grammaticalement tolérable, sémantiquement approximatif, et professionnellement rédhibitoire au niveau direction. Les natifs ne corrigent pas — ils enregistrent.
Le calque le plus dangereux n'est pas celui qui fait sourire. C'est celui qui fait douter. Quand vous dites « I am agree » ou « we are in advance », votre interlocuteur ne pense pas que vous parlez mal anglais — il pense que vous manquez de rigueur. L'association est inconsciente, injuste, et systématique.
Ce qui suit détaille les sept calques les plus fréquents chez les dirigeants francophones en board meeting et en investor call. Pour chacun : la phrase fautive, la perception native exacte, la formulation professionnelle de remplacement. La liste n'est pas exhaustive. Elle couvre les occurrences à haute fréquence et à fort impact sur la perception de crédibilité.
Un dernier point avant d'entrer dans le détail : ces erreurs ne sont pas des fautes d'inattention. Elles sont le produit d'une formation à l'anglais académique qui n'a jamais été confrontée à l'anglais exécutif réel. Les corriger demande moins de temps qu'il n'y paraît — à condition de savoir précisément lesquelles corriger.
Certains mots du lexique exécutif ont une prononciation contre-intuitive pour un francophone. Les prononcer incorrectement devant un board international ne fait pas sourire — cela crée une dissonance cognitive qui détourne l'attention de vos arguments au moment précis où vous en avez besoin.
Recommandation opérationnelle : enregistrez-vous en prononçant ces dix termes à voix haute avant toute présentation devant la direction. La différence entre un intervenant perçu comme senior et un intervenant perçu comme hésitant se joue souvent sur trois mots mal prononcés dans l'introduction.
La structure d'une présentation en anglais suit des conventions implicites que les anglophones ont internalisées dès leurs études. Les ignorer produit des transitions abruptes et une impression de désorganisation, même si le fond est solide.
Ouvrir :
Structurer :
Conclure :
Ces formules ne sont pas des recettes. Elles sont les marqueurs implicites du discours exécutif anglophone. Les maîtriser vous permet d'être perçu comme quelqu'un qui pense en anglais — et non pas quelqu'un qui traduit.
À éviter : I am agree with this approach.
Comment le natif l'entend : Basic grammatical error — signals non-native speaker at the first sentence. Raises subconscious doubts about analytical precision.
Préférer : I agree with this approach. / I'm fully on board with this direction.
En français, « je suis d'accord » utilise le verbe être. En anglais, « agree » est un verbe ordinaire : « I agree », jamais « I am agree ». Ce calque est le premier signal que les natifs détectent. Il apparaît souvent au moment où vous essayez d'affirmer votre soutien devant le CEO — l'effet est exactement inverse. La correction prend dix secondes à mémoriser et élimine définitivement le problème.
À éviter : I want to precise that this figure excludes intercompany transfers.
Comment le natif l'entend : The verb 'to precise' does not exist in English. The listener mentally stumbles and loses the content of the sentence at the moment it matters most.
Préférer : I want to clarify that this figure excludes intercompany transfers. / Let me specify: this figure excludes intercompany transfers.
« Préciser » est un verbe français sans équivalent direct en anglais. Son traduction correcte est « to clarify », « to specify » ou « to note » selon le contexte. L'erreur est systématique chez les B2/C1 car elle semble logique par analogie. Elle produit un blanc cognitif chez le natif au moment précis où vous fournissez une information critique — dans un investor call, cette seconde perdue peut coûter la question suivante.
À éviter : The actual situation in the DACH market is challenging.
Comment le natif l'entend : Grammatically correct but semantically misleading: 'actual' means 'real' or 'genuine', not 'current'. The native speaker hears an implicit admission that previous statements were inaccurate.
Préférer : The current situation in the DACH market is challenging. / As things stand in the DACH market, conditions are tough.
Faux-ami classique, mais particulièrement dangereux en contexte direction car la phrase produit un sous-entendu involontaire de correction ou d'aveu. « Actual » signifie réel, véritable — pas actuel. Utilisez « current » ou « present ». Dans une présentation devant un CFO ou un board d'investisseurs, ce glissement peut faire croire que vous sous-entendiez une manipulation antérieure.
À éviter : We are three weeks in advance on the roadmap.
Comment le natif l'entend : Understandable but immediately unnatural. No native speaker would phrase it this way. The signal is clear: someone translating from French in real time.
Préférer : We are three weeks ahead of schedule. / We've been tracking ahead of plan by three weeks.
« En avance » se traduit systématiquement par « ahead of schedule » ou « ahead of plan ». « In advance » signifie « à l'avance » au sens de préalablement (réserver à l'avance, prévenir à l'avance). Cette confusion est particulièrement fréquente dans les reporting trimestriels présentés devant la direction — exactement le moment où la formulation doit signaler la maîtrise, pas la traduction.
À éviter : I present you our Q3 results.
Comment le natif l'entend : Sounds ceremonial and stiff — like reading from a script. In a board room, it signals someone uncomfortable in the room, not someone who commands it.
Préférer : Let me walk you through our Q3 results. / I'd like to take you through the Q3 numbers.
« Je vous présente » ne se traduit pas par « I present you ». En contexte professionnel anglophone, « walk you through » est la formule standard pour introduire une analyse. « Present » fonctionne seul (« I'll present our findings ») mais ne se construit pas avec un pronom destinataire en anglais moderne. La formulation calque sonne archaïque et formelle de façon mal placée.
À éviter : I want to make a point on the risk exposure.
Comment le natif l'entend : Partially intelligible, but 'make a point on' is not a standard English collocation. The native listener pauses to parse it, losing momentum at a critical juncture.
Préférer : I want to flag the risk exposure. / Let me address the risk side directly. / I'd like to draw your attention to the risk factors.
« Faire un point sur » est un faux-ami syntaxique. « To make a point » existe mais signifie défendre un argument (« she made a strong point »), pas aborder un sujet. Pour signaler que vous allez traiter un point précis, utilisez « flag », « address » ou « draw attention to ». Trois verbes simples, très courants dans les board meetings, qui sonnent nettement plus natifs.
À éviter : Our society employs 340 people across five countries.
Comment le natif l'entend : In English, 'society' denotes a social group or association — never a commercial entity. The board hears something unexpected and briefly disorienting.
Préférer : Our company employs 340 people across five countries. / The firm operates across five countries with 340 employees.
« Société » au sens commercial se traduit par « company », « firm », « corporation » ou « business » — jamais « society ». Ce calque est presque universel chez les cadres formés en droit ou en gestion française. Il passe souvent inaperçu en réunion interne mais décrédibilise immédiatement dans un investor call ou un board international où les termes légaux et corporatifs ont une précision attendue.
Le niveau B2 est le seuil minimal pour ne pas bloquer la compréhension. Mais ce n'est pas le niveau qui convainc. Les dirigeants qui emportent une salle de board sont généralement C1 sur la langue générale et C1-C2 sur le lexique exécutif sectoriel. La distinction est importante : vous pouvez avoir un anglais B2 général et un lexique C1 board si vous travaillez le vocabulaire ciblé. C'est précisément l'objet de cette page.
Ni l'un ni l'autre n'est obligatoire. Ce qui est rédhibitoire, c'est l'incohérence — alterner les deux, ou mélanger des prononciations incompatibles. Les boards internationaux sont habitués aux accents non natifs. Ce qu'ils ne tolèrent pas, c'est l'hésitation sur des mots courants du lexique exécutif : revenue, leverage, stakeholder. Choisissez un référentiel et tenez-vous y sur l'ensemble de la présentation.
La gestion du blanc est une compétence à part entière. Les formules professionnelles de gain de temps incluent : « That's a fair point — let me think about that for a second », « Good question — I want to make sure I give you the right answer », ou « Bear with me one moment. » Ce qui nuit à la crédibilité, c'est le silence non géré de plus de trois secondes sans marqueur verbal, ou le « heu » transposé tel quel en anglais.
Oui, à condition que les notes servent de filet de sécurité et non de script. En pratique, les dirigeants anglophones qui présentent devant leur board connaissent leurs chiffres par cœur ainsi que leur texte d'ouverture et de clôture. Les notes sont tolérées pour les annexes techniques. Lire ses diapositives mot à mot est perçu comme un manque de préparation, quelle que soit la qualité de l'anglais.
« I agree » est neutre et factuel : vous validez une proposition. « I'm on board » exprime un engagement actif — vous rejoignez l'effort collectif, pas seulement la position intellectuelle. En board meeting, « I'm on board » est perçu comme plus fort. « I'm fully aligned » est l'équivalent dans un registre légèrement plus formel. Choisissez en fonction du niveau d'engagement que vous souhaitez signaler à la salle.
« Je vous laisse la parole » n'a pas de traduction directe élégante. Les formules natives sont : « I'll open it up for questions », « The floor is yours », ou « I'd love to get your reactions. » Pour solliciter les questions, préférez « What questions do you have? » à « Are there any questions? », qui invite au silence. Pour passer la main : « I'll hand it over to [Name], who will take you through the financials. »
Amélie écoute ton anglais oral, repère les calques du français invisibles à toi-même, et te corrige avec la version native pro. 90 secondes pour le diagnostic.
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