Trente minutes. Un prospect anglo-saxon. Vous maîtrisez le dossier, vos chiffres sont solides. Mais deux glissements lexicaux — specialized au lieu de specialize, problematic au lieu de challenge — et la crédibilité s'effrite. Le prospect note quelque chose. Personne ne vous le dira.
Tester Amélie gratuitementCes termes couvrent l'intégralité du lexique d'un call découverte B2B anglophone, du premier échange jusqu'à la clôture sur une prochaine étape concrète.
En appel découverte, la prononciation est un signal de crédibilité immédiat. Ces huit mots concentrent l'essentiel des erreurs commises par les consultants francophones de niveau B2/C1 — des erreurs jamais signalées par l'interlocuteur, mais systématiquement enregistrées.
| Terme | Prononciation correcte | Erreur fréquente | Note |
|---|---|---|---|
| Stakeholders | /ˈsteɪk.hoʊl.dərz/ | /stɛk.hɔl.dɛr/ | «Stake» se prononce comme dans steak house, pas «stèk» |
| Procurement | /prəˈkjʊər.mənt/ | /prɔ.kjuːr.mɑnt/ | Accent sur la 2e syllabe, «cure» se prononce /kjʊər/ |
| Deliverables | /dɪˈlɪv.ər.ə.bəlz/ | /deli.vɛ.rable/ | Cinq syllabes, accent sur «liv», «s» final sonore |
| Leverage | /ˈlev.ər.ɪdʒ/ | /le.vɛ.raʒ/ | Le «age» final se prononce /ɪdʒ/, jamais à la française |
| Milestones | /ˈmaɪl.stoʊnz/ | /mil.stɔn/ | «Mile» se prononce /maɪl/, «stones» avec «s» final sonore |
| Bandwidth | /ˈbænd.wɪdθ/ | /bɑnd.width/ | Le «th» final est dental fricatif /θ/, pas /t/ ni /d/ |
| Alignment | /əˈlaɪn.mənt/ | /ali.njɛmɑ̃/ | Accent sur «line» (/laɪn/), pas sur la première syllabe |
| Onboarding | /ˈɒn.bɔːr.dɪŋ/ | /ɔn.bɔr.diŋ/ | Accent sur «on», «boarding» avec /ɔːr/ long |
Ces dix constructions syntaxiques produisent une impression de niveau intermédiaire alors que le consultant possède réellement un niveau avancé. Le natif ne les corrige jamais — il révise mentalement son estimation de votre profil, en silence.
«We are specialized in digital transformation» — «Specialize» est un verbe d'état intransitif : on dit «we specialize in X». La forme passive «we are specialized» est un calque direct du français. Correction : We specialize in digital transformation and change management.
«Can you precise your timeline ?» — «Precise» est un adjectif en anglais, jamais un verbe. Les substituts corrects : clarify, elaborate on, specify. Correction : Could you elaborate on your timeline and key constraints ?
«It's in my competences» — «Competences» au sens français renvoie au monde de la formation RH, pas au boardroom. Correction : That falls squarely within our expertise — we've run similar engagements for three Tier 1 strategy firms.
«We dispose of a proven methodology» — «Dispose of» signifie «se débarrasser de». Correction : We have a proven methodology ou We rely on a methodology that...
«Since how long are you dealing with this ?» — Calque de «depuis combien de temps». L'anglais exige : How long have you been dealing with this ? (present perfect progressif, non négociable).
«I will make you a proposal» — Littéral et marqué comme traduction. Les natifs utilisent des constructions dynamiques : I'll put together a proposal and have it over to you by Friday.
«We have a lot of experience on this problematic» — «Problematic» est un adjectif en anglais, pas un nom. Correction : We have extensive experience with this type of challenge.
«It's very interesting what you're describing» — Surutilisé, perçu comme vague. Préférer : That resonates with patterns we've seen across several similar transformations — particularly the governance piece.
«I am agree with you on that» — «Agree» est un verbe, pas un adjectif. Correction directe : I agree. Version consulting : We're fully aligned on that.
«The decision-maker, it's who exactly ?» — Construction disloquée invalide en anglais professionnel. Correction : Who is the ultimate decision-maker on this initiative ? And who else has sign-off authority ?
La maîtrise du vocabulaire ne suffit pas si la structure de l'appel n'est pas pilotée en anglais. Ces formules permettent de cadrer le call, de gérer les transitions et de clôturer sur un engagement concret — sans chercher ses mots.
À éviter : We are specialized in digital transformation and change management.
Comment le natif l'entend : The speaker is translating from French. That verb form doesn't exist in English. I'm wondering if their written deliverables will sound the same way.
Préférer : We specialize in digital transformation and change management.
En anglais, «specialize» est un verbe d'état intransitif. La forme «we are specialized» est un calque direct du français «nous sommes spécialisés». Le natif ne vous corrige pas — il révise mentalement votre profil vers le bas. Un seul mot change, un signal de niveau intermédiaire s'efface.
À éviter : Can you precise your timeline and the key constraints you're facing ?
Comment le natif l'entend : They just used 'precise' as a verb. That doesn't exist in English. They probably meant 'clarify' or 'specify'. Not fluent.
Préférer : Could you elaborate on your timeline and the key constraints you're facing ?
«Precise» est exclusivement un adjectif en anglais (précis, exact). En faire un verbe — «préciser» — est une erreur catégorielle, pas juste un accent. Les substituts corrects selon le contexte : clarify, specify, elaborate on, spell out. «Could you elaborate on» est la formulation la plus naturelle en contexte consulting senior.
À éviter : Don't worry, this is fully in my competences and we have done this many times.
Comment le natif l'entend : Competences? That sounds like a CV template from a French HR department. Not quite boardroom register.
Préférer : That falls squarely within our expertise — we've run similar engagements for three Tier 1 strategy firms.
«Competences» au sens français renvoie au monde de la formation et des référentiels RH (NVQ, skills framework), pas au boardroom. En contexte commercial anglophone, on utilise «expertise», «area of practice» ou «remit». La version corrigée ajoute une preuve sociale — ce que le natif attend d'un consultant senior en phase de qualification.
À éviter : We dispose of a team of ten consultants and a proprietary methodology.
Comment le natif l'entend : They dispose of a team? Like they got rid of them? Something's wrong here — that means the opposite of what they're trying to say.
Préférer : We have a team of ten consultants and a proprietary methodology that we've refined across forty engagements.
«Dispose of» signifie en anglais courant «se débarrasser de» ou «éliminer». C'est l'un des faux-amis les plus dangereux pour les francophones parce qu'il produit une phrase grammaticalement correcte mais sémantiquement absurde. Le natif marque une fraction de seconde de confusion — ce qui suffit à rompre le rythme et à ébranler votre posture d'expert.
À éviter : Since how long are you dealing with this integration challenge ?
Comment le natif l'entend : 'Since how long' isn't English. They mean 'how long have you been'. Structurally, that's a beginner-level error, not just an accent.
Préférer : How long have you been dealing with this integration challenge ?
«Depuis combien de temps» ne se traduit pas par «since how long». L'anglais utilise «how long + present perfect progressif». C'est une erreur de structure grammaticale, non de vocabulaire — ce qui la rend plus difficile à corriger par intuition. Le natif l'entend comme un signal de niveau élémentaire, indépendamment de votre maîtrise générale de la langue.
À éviter : Great, I will make you a proposal and send it by end of next week.
Comment le natif l'entend : It works grammatically, but 'make a proposal' sounds like a phrase-book translation. Nobody actually says that. Slightly stiff.
Préférer : I'll put together a proposal and have it over to you by end of next week.
«Make a proposal» est correct grammaticalement mais marqué comme traduction directe. Les natifs utilisent des constructions phrasal-verb plus dynamiques : «put together», «pull together», «draft up». La formule «have it over to you by» est une collocation clé pour les délais commerciaux. Ce type de détail distingue le consultant qui maîtrise l'anglais de celui qui maîtrise le registre business.
À éviter : It's very interesting what you're describing — we've seen similar situations in the past.
Comment le natif l'entend : That's the third time they've said 'very interesting' this call. Are they actually listening, or just filling space ?
Préférer : That resonates with patterns we've seen across several similar transformations — particularly on the governance side.
«Very interesting» est l'équivalent anglais du «très intéressant» passe-partout français. Surutilisé, il signale un manque de vocabulaire réactif. En consulting anglophone, on répond au contenu avec précision : on nomme ce qui résonne («the governance side»), on fait un lien («patterns we've seen»). Cela prouve l'écoute active ET la maîtrise lexicale — deux signaux de séniorité en un.
À éviter : We are totally agree with your assessment of the situation.
Comment le natif l'entend : 'We are agree'? That's not English. 'Agree' is a verb — you can't 'be agree'. This is a structural grammar error, not an accent issue.
Préférer : We're fully aligned with your assessment — that's exactly the diagnostic we'd have reached.
«Agree» est un verbe en anglais, jamais un adjectif. «We are agree» est donc grammaticalement impossible, au même titre que «we are know». La correction simple est «We agree», mais en contexte consulting, «We're aligned» est plus puissant : il utilise le vocabulaire de la collaboration stratégique plutôt que du simple assentiment.
À éviter : Our main problematic is that we have three legacy systems that don't talk to each other.
Comment le natif l'entend : 'Problematic' as a noun? That doesn't work in English. They must mean 'challenge' or 'issue'. Definitely translating from French.
Préférer : Our main challenge is that we have three legacy systems that don't communicate — and no single source of truth.
«Problématique» en français est un nom. En anglais, «problematic» est exclusivement un adjectif (= qui pose problème). L'usage nominal n'existe pas. Les substituts en contexte consulting : challenge, issue, pain point, bottleneck, constraint. La version corrigée ajoute «no single source of truth» — une formule native que les consultants anglophones utilisent systématiquement dans ce contexte.
À éviter : OK so the decision-maker for this project, it's who exactly ?
Comment le natif l'entend : Strange word order. They're doing a French cleft sentence structure in English. Sounds informal and slightly confused.
Préférer : Who is the ultimate decision-maker on this initiative ? And who else has sign-off authority ?
La construction française «c'est qui le X» produit en anglais une phrase disloquée qui n'existe pas dans le registre professionnel. L'anglais forme les questions WH avec inversion sujet-verbe : «Who is the decision-maker ?». La version corrigée ajoute «ultimate» et «sign-off authority» — deux formules clés pour qualifier le circuit de décision avec précision.
Les 30 premières secondes doivent accomplir trois choses : remercier sans ramper, poser le cadre de l'appel, et basculer immédiatement sur le prospect. Formule type : «Thank you for making time — I know Q2 is intense. I'd suggest we spend the first 15 minutes on your situation, then I can share what we've done in similar contexts. Does that work ?» Cette structure signale une posture consultative, pas commerciale, dès l'ouverture.
Un VP ou managing partner anglophone s'attend à un registre direct et factuel, pas poli-formel. Évitez les «I would like to» et «if I may» — ils sonnent trop hésitants pour un partenaire potentiel. Préférez des formulations assertives : «Let me be direct», «Based on what I've seen in your sector», «Here's how we'd approach this». La déférence excessive est lue comme un manque de séniorité, pas comme de la politesse.
La règle en B2B anglophone : qualifier le budget tôt, mais avec une formulation ouverte. «Do you have a budget framework in mind, or is that still being scoped ?» laisse une porte de sortie au prospect. Si le prospect élude, enchaînez : «What I can do is share the range we typically work in for engagements of this scope, and you can tell me if we're in the same ballpark.» Cela normalise l'échange financier sans confrontation directe.
Non, jamais. S'excuser de son accent en ouverture signale une insécurité qui contamine l'ensemble du call. Les executives anglophones interagissent régulièrement avec des non-natifs. Ce qui crée une friction n'est pas l'accent, c'est l'erreur de registre ou la syntaxe incorrecte. Concentrez votre préparation sur le vocabulaire opérationnel et les formulations natives — votre accent est un marqueur d'identité, pas un déficit.
La clé est de nommer concrètement ce que vous allez livrer, pas de demander la permission de recontacter. «I'll send you a brief summary of what we covered today, along with a proposed next step — if it makes sense to you, great ; if not, no pressure.» Cette formule déplace l'initiative sur vous tout en donnant au prospect le contrôle de la décision. «No pressure» est une formule anglo-saxonne qui désamorce la perception de relance commerciale.
Évitez «to be specialized in» (calque de «être spécialisé»), «to dispose of» (faux-ami de «disposer de») et «to make» dans les constructions commerciales («make a proposal», «make a presentation»). Préférez : specialize in, have expertise in, rely on, put together, deliver, run (an engagement). Ces verbes de registre business distinguent le consultant qui opère réellement dans un environnement anglophone de celui qui traduit.
Amélie écoute ton anglais oral, repère les calques du français invisibles à toi-même, et te corrige avec la version native pro. 90 secondes pour le diagnostic.
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